Titres des résumés

Résumés

Le secteur forestier du bassin du Congo, enjeux et opportunités scientifiques pour l’évaluation de la capacité de séquestration du carbone

Neree Onguene Awala (1), J. T. Mbogne (2), E. Banfield (3), M. Apps (4), P. D. Khasa (5)
1) Institute of agricultural research for development (IRAD), B.P. 2123 Yaoundé, Cameroon
2) Université de Yaoundé I, département de Physiologie et de Biologie Végétale
3) Natural Resources Canada, Canadian Forest Service, Edmonton, Alberta, Canada,
T6H 4Z4
4) Centre d’étude de la Forêt, Université Laval, Québec, Canada, G1K 7P4

Résumé. Depuis quatre décennies, la problématique du taux élevé en dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique et de la tendance au réchauffement climatique est devenue une préoccupation globale. En conséquence, de nombreuses initiatives ont été prises, depuis les années 1980, afin de réduire les émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES) que sont principalement, le CO2, CH4 et N2O… Une étude basée sur une abondante revue de littérature, complétée par des échanges avec de nombreux experts du domaine, a été conduite afin d’établir si, à l’aube du 21e siècle, le secteur forestier du bassin du Congo constitue un puits ou une source d’émissions de CO2. Deux approches sont généralement utilisées pour comptabiliser les flux et stocks de carbone : la collecte de données de terrain et destruction de la biomasse, et la méthode indirecte basée sur des modèles mathématiques d’équations allométriques. De plus, le bilan de carbone d’un secteur ou d’un écosystème requiert de nombreuses données obtenues avec plusieurs outils tels que: les inventaires forestiers, la croissance et les rendements annuels en bois, les volumes bruts de bois exportés des forêts et des équations allométriques mono ou pluri spécifiques locales, régionales ou pantropicales. Après 8 000 ans, postérieurement à la dernière glaciation, les forêts du bassin du Congo recouvrent aujourd’hui une superficie de 4 048 378 km² (environ 227 millions d’hectares). Les stocks de carbone de la biomasse aérienne et souterraine sont y estimés à 49 milliards. Ils ont respectivement accumulés du carbone, à environ 40% dans les forêts, à 15% dans les concessions forestières, 11% dans les aires protégées et 11% dans les exploitations agricoles. Au cours de la période 1990 à 2000, les flux de carbone ont été réduits par la déforestation à 0,17% et la dégradation forestière à 0,09%, résultant à 47 000 km² de perte du couvert forestier, suggérant que le secteur forestier du bassin du Congo est un important puits et un grand réservoir de 15% du carbone mondial. Cependant, moins de 10 équations allométriques ont été développées pour trois types de couverts forestiers, au Cameroun, au Gabon et en République Démocratique du Congo. Du reste, les données disponibles ne permettent pas de modéliser les stocks et flux de carbone régionaux selon les Accords de Marrakech (2001). Ce qui requiert premièrement de mettre à jour et d’actualiser les inventaires forestiers et de biomasse dans les six pays du bassin du Congo ainsi que de promouvoir des formations dans les filières de la science du carbone et de la géomatique.
Mots-clés : Bilan de carbone–Equations allométriques–CO2– Changement climatique

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Les formations boisées en marge du bassin du Congo : quelle place dans la REDD+ ?

Robert Christian Anaba Manib (1)
1) Université de Ngaoundéré, Laboratoire de géomatique

Résumé. Les forêts tropicales se sont vues placées au centre des attentions de la communauté internationale dans le cadre de la lutte et l’atténuation des effets des changements climatiques. Ainsi, le mécanisme REDD+ promu en 2010, à la suite de la REDD (2008), comme réponse conséquente, vise l’augmentation des stocks de carbone forestier dans les pays en développement, via la réduction des émissions dues à la déforestation et la dégradation des forêts. Depuis lors, plusieurs initiatives REDD+ ont été mises sur pied dans les pays du bassin du Congo, et les forêts denses équatoriales y sont au cœur, laissant ainsi transparaitre un délaissement des autres formations végétales, notamment boisées. La présente réflexion tente de déterminer la place possible des formations boisées des marges du bassin du Congo dans la REDD+. L’analyse des rapports de projets réalisés dans le cadre de la REDD+ en Afrique centrale, de la littérature sur ce mécanisme, de même que l’exploitation des travaux dans les savanes permettent de dire toute l’importance des formations boisées marginales du bassin du Congo bien qu’un faible intérêt leur est encore accordé.
Mots clés : REDD+, formations boisées, changement climatique, forêt marginale, savanes, bassin du Congo.

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Évaluation de l’intérêt des agriculteurs pour les pratiques agroforestières autour du parc national du Mont-Cameroun (MCNP) au Cameroun

Yolande Ndjuala Njongue (1), Marie Louise Avana Tientcheu (2), Eric Fotsing (3), Patrick Muderhwa Mutabesha (4)
1) University of Dschang, Faculty of Agronomy and agricultural sciences (FASA)
2) University of Dschang, Faculty of Agronomy and agricultural sciences (FASA)
3) University of Dschang, The University Institute of Technology Fotso Victor of Bandjoun
4) University of Kinshasa, Faculty of Agronomic Sciences

Résumé. Le but de cette étude était d’évaluer l’intérêt des agriculteurs pour les pratiques agroforestières autour du Parc national du Mont Cameroun (PNCM). Dans la zone d’étude, des activités bénéfiques telles que la collecte de bois de chauffage, le balancement du bois, l’apiculture, la récolte de PFNL, la chasse, etc. ont été privées du peuple en raison du changement de statut de la montagne. Une issue pourrait être d’intensifier les pratiques traditionnelles déjà existantes menées par les agriculteurs autour du PNCM. Cette étude visait à fournir des informations sur les différentes pratiques agroforestières autour du PNCM, et les contraintes et motivations des agriculteurs pour la gestion de leurs systèmes agroforestiers. Cette étude a été menée dans 8 villages des quatre zones regroupées autour du parc (deux villages par grappe). Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire structuré, de groupes de discussion et d’observations directes sur le terrain. Les entretiens formels et informels ont été menés avec 190 chefs de ménages sélectionnées au hasard. Des statistiques descriptives (pourcentages) ont été utilisées pour montrer la représentation de chaque pratique agroforestière autour du parc, une analyse de régression logistique multinomiale a été utilisée pour déterminer le facteur qui explique le choix d’une pratique paysanne et des chiffres ont été utilisés pour exprimer le pourcentage des contraintes auxquelles ils ont été confrontés dans la pratique de l’agroforesterie. Les résultats montrent que les pratiques agroforestières autour du PNCM sont hétérogènes et incluent les agro-forêts de cacao (39,625%), les arbres sur les terres cultivées (32,625%), les clôtures (61,25%), les caféières (4%), les jardins familiaux (21,875%), Les brise-vents (3,75%) et l’élevage d’abeilles (3,75%). Les pratiques agricoles dominantes comprennent le cacao, les arbres sur les terres cultivées et les plantations de palmiers. Un modèle de régression logique montre une variation statistiquement significative de la probabilité d’avoir un type de système dans un cluster. (Chi² = 147,72, df = 3, sig = 0,000) puisque la valeur de p 0,00 <0,05. La régression multinomiale indique que le facteur déterminant qui explique la différence de pratiques autour du parc est l’état agroécologique de la zone du cluster qui influence la performance des cultures principales pour chaque pratique plutôt que les agriculteurs sont conscients de la nature génératrice de revenus ou du revenu source de diversification du système. Les principales contraintes pour la promotion des pratiques agroforestières existantes comprennent le manque de semis d’arbres pour la plantation (78%) et le manque d’assistance technique pour une meilleure gestion des espèces associées. En conséquence, une étude plus détaillée sur les produits et services fournis par ces pratiques doit être faite pour évaluer clairement la contribution des pratiques agroforestières traditionnelles pour répondre aux besoins des agriculteurs.
Mots clés : Technologies agroforestières, zones de cluster MCNP, motivations, contraintes.

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Gestion participative des ressources et réduction de la dégradation des ligneux dans les réserves forestières de Zamay et de Mayo-Louti (Extrême-Nord, Cameroun)

Abel Téwéché (1), Michel Tchotsoua (2)
1) Université de Maroua, Ecole Normale Supérieure
2) Université de Ngaoundéré, Laboratoire de Géomatique

Résumé. Les réserves forestières de l’Afrique centrale en général et du Cameroun en particulier constituent des unités de conservation de la biodiversité. Aujourd’hui, ces boisements subissent des pressions dues aux activités anthropiques et aux effets des changements climatiques. Dans les Monts Mandara, la dynamique régressive des ligneux est imputable aux activités agropastorales et surtout aux défaillances institutionnelles en matière de gestion des aires protégées. Il s’en suit alors une dégradation tant spatiale que biologique. Les objectifs de cette contribution sont de caractériser le processus de dégradation des ligneux dans les réserves forestières de Zamay et de Mayo-Louti ; d’analyser les textes en vigueur relatifs aux réserves forestières ; et d’examiner l’approche « bottom-up » de la gestion participative des ressources. La méthodologie a consisté à exploiter les cartes topographiques de 1965 ; faire des levés au GPS des limites actuelles ainsi que des parcellaires pour une étude diachronique de la dynamique spatiale des réserves. Aussi, des relevés botaniques ont été réalisés à l’intérieur des placettes de 900 m². Les résultats montrent que la superficie de la réserve forestière de Zamay est passée de 1000 ha en 1965 à 596 ha en 2014, celle de Mayo-Louti : 3500 ha en 1965 et 3144 ha en 2014. Cette étude suggère qu’en plus de la cogestion des ressources, les populations locales assistées par les ONG et l’Etat créent les parcs agro forestiers, maintiennent et entretiennent ceux existant afin de préserver durablement les ressources ligneuses des aires protégées.
Mots clés : Gestion participative, Dégradation, Réserves forestières, Aires protégées, Extrême-Nord.

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Réponses des signatures agraires des acteurs sur les versants du Mont Oku, Région du Nord-Ouest (Cameroun)

Zephania Nji Fogwe (1)
1) The University of Bamenda, Department of Geography and Planning

Résumé. La variation topographique joue un rôle majeur dans les cultures et affecte les agriculteurs dont la subsistance dépend de la production de cultures de subsistance dans les zones caractérisées par des pentes raides comme les hautes terres de Kom dans la région du Nord-Ouest du Cameroun. Cette étude examine les différents paysages topographiques en relation avec les cultures vivrières ainsi que les contraintes de variation topographique sur les cultures. Nous montrons comment les habitants réagissent à la variation topographique dans le souci d’augmenter la production et d’améliorer leurs moyens de subsistance. Par les questionnaires, les interviews, les sources secondaires et l’application des techniques statistiques descriptives et déductives les données obtenues montrent que l’intensité des cultures dans l’arrondissement de Belo dans les hautes terres de Kom est grandement influencée par le gradient de pente. La variation topographique est la principale cause de la variation des types de cultures telles que le riz cultivé sur des zones de basse altitude, les pommes de terre dans les hautes zones, alors que la culture du maïs connait une luxuriance dans toute la région. Puisque l’érosion et l’inaccessibilité restent les contraintes les plus pressantes sur les cultures à Belo les acteurs ont adopté deux stratégies : internes (lutte contre l’érosion mécanique et l’acceptation des innovations agricoles) et externes (par la création de frontières creuses dans et hors de la zone) pour améliorer les conditions des agriculteurs et le développement locale.
Mots clés : Adaptation, récolte, agriculteurs, pente, topographie, Oku.

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Les implications socio-économiques et écologiques de l’expansion d’Eucalyptus sur les hautes terres de l’Ouest au Cameroun : le cas de Koutaba

Joseph Youta Happi (1)
1) Université de Yaoundé 1, Département de Géographie

Résumé. Au Cameroun, les hautes terres de l’Ouest sont très peuplées. Les moyennes des densités rurales y oscillent entre 200 et plus de 500 habitants/km². Dans cette région où les forêts naturelles sont peu étendues, les populations ont trouvé à l’implantation du genre Eucalyptus un palliatif à la carence en bois. Les boisements y empiètent sur les savanes et les aires de pâturage, mais fournissent du bois d’œuvre et de chauffage. L’étude met en évidence les conséquences de ces boisements sur l’affectation des sols et le pouvoir d’achat des populations. Les analyses des données d’enquêtes, de relevés botaniques et de traitements d’images révèlent que les reboisements entamés depuis 40 ans ont mis en place 82 ha d’Eucalyptus saligna à Koutaba. Cela donne une évolution positive du taux de boisement de 4%.
Mots clés : Boisement, Eucalyptus, forêt, savane, Koutaba.

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Éducation, populations et évolution historique du processus de séquestration du carbone dans le bassin du Congo

Martin Mbengué Nguimè (1), Florence Anisette Bitanda (2)
1) Université de Ngaoundéré, Département d’Histoire et Centre africain de partage du savoir
2) Université de Ngaoundéré, Département d’Histoire et Centre africain de partage du savoir

Résumé. L’activité anthropique dans et en marge du bassin du Congo pose les problèmes de la réduction du couvert végétal, de la croissance de l’effet de serre dans la longue durée et interpelle, par ce fait, les consciences à travers le monde. Aussi le chercheur sensible à l’épuisement des réserves du carbone s’interroge-t-il, par exemple, sur la responsabilité historique des sujets éduqués dans la diminution du végétal et la croissance de l’emprise de l’effet de serre dans et à la marge du bassin du Congo. Ici, la réponse à cette principale préoccupation est basée sur la synthèse des écrits, les observations et entretiens de terrain. C’est une page de l’histoire sociale et écologique, l’histoire du climat ou de l’environnement indispensable à la maîtrise de l’évolution climatique du monde à partir du bassin du Congo et, singulièrement, de la capacité de cet espace de séquestrer le carbone aux ères de l’africanité et de la prépondérance européenne en Afrique. Axée sur les politiques éducatives de déforestation abusive de l’Ouest africain tropical et équatorial, les usages sociaux des essences forestières dans le carré congolais de l’Afrique et les politiques éducatives de sauvetage de la forêt à des fins de séquestration du carbone, c’est une contribution à l’historiographie au moment où le changement climatique et ses effets alimentent les débats dans le monde.
Mots clés : Carré congolais, éducation à la déforestation, changement climatique, péril de l’humanité, pédagogie de développement de la forêt.

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Agroforesterie : un potentiel d’approvisionnement en bois énergie des villages riverains du Parc National de Kahuzi Biega en République Démocratique du Congo

Patrick Muderhwa Mutabesha (1), Martin Tchamba Ngankam (2), Claude Kachaka Sudi (2), Yolande Ndjuala Njongue (2), Radar Nishuli (3)
1) Université de Kinshasa, Faculté des sciences agronomiques, RDC
2) Université de Dschang, Faculté d’Agronomie et des sciences agricoles, Cameroun
3) Institut Congolais de la Conservation de la Nature, ICCN, RDC

Résumé. Dans un contexte de déforestation et de dégradation dans les zones tropicales, l’agroforesterie est de plus en plus considérée, pour sa contribution à l’approvisionnement en dendroénergie et par conséquent, à la conservation de la biodiversité. Celle-ci, étant jadis menacée par les populations en quête de bois énergie. La présente étude porte sur la diversité ligneuse et le potentiel en bois énergie dans les pratiques agroforestières traditionnelles autour du Parc National de Kahuzi Biega en République Démocratique du Congo. Près de 80 parcelles ont été échantillonnées après « le focus group » en fonction de la disponibilité du propriétaire, de l’accessibilité, de la présence des pratiques agroforestières, de la taille et de la diversité ligneuse (la période au cours de laquelle l’étude a été menée étant de mai à août 2016). Les résultats rapportent que près de quatorze espèces appartenant à 14 familles monospécifiques ont été inventoriées dans les parcelles agroforestières. Des différences significatives (p<0,01) sont notées entre le nombre moyen d’espèces par village (F=39.039, dl=3). De même, les espèces communes pour tous les villages sont composées de Grevillea robusta, Eucalyptus sp, Mangifera indica, Persea americana, Maesopsis eminii et Cupressus lusitanica alors que les espèces différentielles, comprennent le Citrus sp, Erythrina abyssinica, Polyscias fulva, Pinus patula, Cedrela serrulata, Markhamia lutea et Ficus glumosa. Parmi les espèces énumérées, 42,85% sont indigènes à la région, notamment le Podocarpus usambarensis, Ficus glumosa, Polyscias fulva, Markhamia lutea, Erythrina abyssinica, Maesopsis eminii. Elles sont localisées à Chombo et Cibinda. Par ailleurs, les autochtones « Pygmées » sont reconnus comme les plus conservateurs de la forêt à cause des intérêts qu’ils tirent de celle-ci. Les résultats de cette étude montrent qu’un potentiel d’environ 6000kg/ha de charbon de bois rapporte à la vente, un revenu additionnel de près de 100$US. Ceci, confirme que les systèmes agroforestiers traditionnels peuvent contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté, et à la gestion durable des forêts.
Mots clés : Agroforesterie, Bois énergie, villages riverains, Parc National de Kahuzi Biega, Biodiversité, RD Congo.

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L’environnement au ban des dynamiques urbaines en Afrique subsaharienne

Alphonse Yapi-Diahou (1), Oumou Kouyate (2), Gilbert Assi Yassi (3)
1) Professeur, Université Paris 8, France
2) Enseignant-Chercheur, Université Alassane Ouattara, Bouaké, Côte d’Ivoire
3) Maître-assistant, ENS Abidjan, Côte d’Ivoire

Résumé. Le contrôle et la maîtrise à la fois de l’urbanisation et de la croissance urbaine constituent une préoccupation selon que l’on se situe au Nord ou au Sud. Cette contribution analyse les effets environnementaux des dynamiques d’urbanisation et de la pression urbaine qui sévit dans la plupart des contextes africains au sud du Sahara. A l’aide d’exemples précis concernant les bidonvilles, des activités agricoles, de prélèvement des ressources du sol et du sous-sol, nous montrons les écarts du discours aux pratiques environnementales des collectivités publiques. Les conséquences en résultant sur le plan de l’équilibre du système urbain sont analysées. L’analyse s’appuie essentiellement sur la mobilisation de matériaux bibliographiques. Nous y présentons quelques exemples de sites investis par les populations et qui prennent la forme de quartiers d’habitation, d’activités économiques ou quartiers mixtes.
Mots clés : Afrique subsaharienne, environnement, urbanisation, croissance urbaine, quartiers précaires.

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Étalement urbain et expansion des plantations industrielles. Les forêts de l’estuaire du Wouri dans l’entre-deux

Aristide Yemafouo (1), Roméo Keumo Songong (1), Chrétien Ngouanet (2), Guy Charly Dzalla Ngangue
1) Université de Dschang, Département de Géographie
2) MINRESI, Institut National de Cartographie
3) Université de Douala, Département de Géographie

Résumé. L’urbanisation et les activités agricoles sont de puissants facteurs de dégradation du couvert forestier dans le bassin du Congo. Le cas du bassin de Douala où s’érige la première métropole de la CEMAC est proposé dans cette étude. L’estuaire du Wouri dans les années 1960 était encore dominé par une forêt littorale dense partiellement inondée. En à peine un demi-siècle, il abrite la plus grande agglomération urbaine d’Afrique centrale. Le développement de Douala conduit en effet à d’importants changements de modes d’occupation du sol. La mobilisation de l’imagerie satellitaire a permis une analyse de ces changements pour mieux comprendre les implications tant sur la dégradation des formations végétales que sur les formes urbaines produites.  En 1975, la ville avait déjà consommé environ 3 000 ha de végétation, 9 052 ha en 1986, puis 13429 ha en 2001 et enfin 18129 ha en 2016. Pour un rythme annuel de croissance démographique autour de 5%, l’anthropisation de l’estuaire du Wouri se fait en trois étapes imbriquées : la forêt littorale se dégrade d’abord à travers des actions de déboisement, puis les pratiques agricoles et enfin les opérations d’aménagement urbain. La spécifique forêt de mangrove transite par le déboisement avant de s’urbaniser tandis que les domaines marécageux évoluent en remblais avant d’accueillir les hommes. La tendance à disparition complète du paysage naturel se confirme et invite les décideurs à recentrer les opérations d’aménagement sur les objectifs de développement durable.
Mots clés :  Etalement urbain, Plantations industrielles, Forêts, Dégradation, Douala, Cameroun.