Depuis le début des années 1990, les notions de politiques d’aménagement des territoires et de gestion des ressources naturelles et humaines sont au centre des préoccupations environnementales.

On ne peut apercevoir, à juste valeur d’ailleurs, les vitesses du développement dans un pays et se démarquer par rapport à l’avenir et à la durabilité de ses territoires, que lorsqu’on s’identifie par rapport aux politiques, à la citoyenneté et à la gouvernance basée sur la transparence dans la gestion des objets de l’environnement. Celui-ci étant défini comme « étant à la fois le milieu naturel et le milieu concret, construit par l’homme et tout ce qui affecte le comportement de l’homme » (George, 1993).

Pour nous donc, on est convaincu des relations réciproques et complémentaires entre la planification de l’aménagement de territoires et la gestion des ressources et on dit même, que tout territoire qui se veut être attractif, accessible et compétitif, doit être d’abord planifié, aménagé et développé. Il doit aussi réconcilier acteurs politico-économiques mondialisés et recompositions sociétales en voie de citoyenneté et d’émergence.

Dans la pratique, l’aménagement du territoire et la gestion des ressources sont des actions opérationnelles, ordonnées, concertées des différents acteurs, à travers les différents territoires d’un pays, d’un continent, voire du monde pour atténuer les déséquilibres territoriaux, proposer la substitution d’un nouvel ordre meilleur que l’existant, selon une vision prospective, prônant l’humanisation de la croissance.

L’objectif, développement endogène, favorisant une meilleure répartition territoriale de la population, des activités et des équipements… pour le bon fonctionnement du système socio-économique interne, afin d’harmoniser la croissance, le bien-être et l’épanouissement de la population. Ceci devant passer par le compromis politique, la paix sociale et la légitimité de l’acteur-producteur du développement territorial sur la base des données à référence spatiale.

C’est ce que nous qualifions de développement exogène, par une bonne intégration et le bon ancrage au système local, régional, continental et mondial, favorisant le développement des échanges de tout genre.

Cette nouvelle vision d’aménagement du territoire et la gestion des ressources ne peut réussir que dans un environnement démocratique, décentralisé, participatif, anticipatif, transparent et de bonne gouvernance conformément aux attentes, souhaits, exigences et/ou besoins des parties prenantes.

C’est par les bonnes politiques d’aménagement du territoire et de bons mécanismes de gestion des ressources que les pays tropicaux peuvent corriger les déséquilibres et orienter les développements spatiaux à partir d’une appréhension d’ensemble et d’un projet global et prospectif.

Ainsi Labe Sadjo Solange et al. Ont étudié l’impact de l’afflux des réfugiés dans les localités de Borgop et de Ngam dans l’Adamaoua qui abritent les réfugiés centrafricains. Une évaluation similaire est faite par Robert Madjigoto et al. dans le Département de la Nya-Pendé au Tchad. L’impact des réfugiés et même de la croissance urbaine se fait surtout sentir sur le couvert végétal (Bouyo Ndoledje et al.,) qui est pourtant une source importante de services écosystémiques notamment en ce qui concerne la biomasse aérienne dont Junior Baudoin Wouokoue Taffo et al. ont proposé dans leur article, des équations allométriques mon et multi-spécifiques pour son estimation dans les savanes des Hautes Terres de l’Ouest-Cameroun.

Toujours sous le sillage de l’aménagement, Aline-Joëlle Lembe épouse Bekale porte un regard critique sur les politiques visant à impulser des dynamiques de gestion et d’organisation durable des pêches maritimes au Gabon. Martin Blao Zoua et al., analyse l’évolution spatiale et rôneraies dans le Loug-Chari continuent d’être exploités de façon frauduleuse par les populations en dépit du décret d’interdiction de la coupe du bois vert au Tchad. Il relève que, vu les enjeux, les défis et les intérêts qui émanent de la forme actuelle de l’exploitation du bois de rôniers dans le Loug-Chari, il y a urgence de mettre en place une structure de gestion consensuelle. Ses résultats permettent de comprendre les stratégies d’acteurs et donnent des pistes pour la planification et la gestion de cette ressource. Germain Bock et al. implémentent les SIG mobiles et l’outil vertex dans la gestion de la forêt laboratoire de l’école nationale des eaux et forêts de Mbalmayo.

L’Afrique de l’Ouest s’est bien illustrée par les études en milieu urbain. Ainsi, Souleymane Diabagate analyse les inégalités socio spatiales liées à l’urbanisation dans la ville de Bouaké en Côte d’Ivoire. Bêh YEO et al., analysent les facteurs explicatifs du déficit d’eau potable dans les ménages de Bouaké.

Félix Saintervil et al. montrent l’apport de la Géomatique dans la mobilisation et la perception des taxes dans  la Commune de Saint Louis du Nord à Haïti. Et Jean de Dieu Nzila et al., évalue l’Impact de l’écobuage maala sur les propriétés physico-chimiques et la productivité des sols argileux acides de lavallée du Niari (Congo).

Voilà ce que livre le volume 3 de RIGAGER.

Par : Michel TCHOTSOUA
Rédacteur en Chef