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RIGAGER Numéro 5 – RÉSUMÉS DES ARTICLES

Titres des résumés

Résumés

Pression urbaine, agriculture, élevage bovin et dynamique spatiale des formations forestières marginales: cas du haut bassin versant de la Bini (Région de l’Adamaoua au Cameroun)

ANABA BANIMB Robert Christian (1), AOUDOU DOUA Sylvain (2), NDJEUTO TCHOULI Prosper Innocent. (2), TCHOTSOUA Michel (1)

1) Laboratoire de Géomatique (LG), Département de Géographie, FALSH, Université de Ngaoundéré, Cameroun
2) Département de climatologie, pédologie et d’hydrologie, Institut Supérieur du Sahel, Université de Maroua, Cameroun

Résumé. Les auteurs de cet article présentent les résultats de la quantification de l’évolution spatiale des formations forestières (forêt claire, forêt-galerie) et les facteurs de cette évolution dans le haut bassin versant de la Bini. Localisé sur le plateau de Ngaoundéré qui culmine à 1100 m d’altitude en moyenne, ce bassin versant a une superficie de 281 512 ha. La classification supervisée des portions d’images Landsat de 1999 et de 2014 couvrant ce bassin versant a été faite avec le module Semi Automatic classification plugin de QGIS. Après validation, les différentes classes obtenues ont été converties en « shapefiles » puis exportés dans le module SIG du même logiciel. C’est ici que se sont faites la fusion et la réaffectation des entités suivant les réalités de terrain. Les analyses révèlent au final que, globalement, les formations forestières ont connu une régression de 12992 ha en 15 ans dans ce bassin versant. Elles révèlent aussi que dans les secteurs difficiles d’accès, les galeries forestières en particulier ont connu une progression d’environ 551 ha dans ce même laps de temps. L’augmentation de la population et de ses besoins en énergie et nutrition, l’urbanisation exponentielle de Ngaoundéré, le bitumage de la route Ngaoundéré-Touboro-Moundou, l’agriculture et l’élevage sont les principaux facteurs de cette dynamique.
Mots-clés : Adamaoua, Bassin versant, Mosaïque forêt-savane, QGIS, Système d’Information Géographique, Télédétection.

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Analyse des modes d’accès et de contrôle des ressources naturelles de la partie tchadienne du Lac Tchad par les communautés rurales

ADOUM FORTEYE Amadou (1), KIARI FOUGOU Hadiza (2),   TOB-RO N’Dilbé (3)

1) Géographe, Doctorant, Assistant, Université Adam Barka d’Abéché, Tchad
2) Géographe, Maitre-Assistant CAMES, Enseignant-Chercheur à l’Institut Supérieur en Environnement et Ecologie (IS2E), Université de Diffa, Niger
3) Géographe, Maitre-Assistant CAMES, Enseignant-Chercheur au Département de Géographie, Université Adam Barka d’Abéché, Tchad

Résumé. Cet article analyse les modes d’accès et de contrôle des ressources naturelles et leurs conséquences sur la cohabitation entre les communautés dans la Province du Lac au Tchad. La lecture des écrits antérieurs, combinée aux observations/enquêtes de terrain et aux entretiens avec différents acteurs du secteur du foncier, ont permis de produire les résultats de cette étude. Les enquêtes ont concerné des échantillons de trois catégories d’acteurs socio-professionnel (agriculteurs, éleveurs et pêcheurs), composés chacun de 30 personnes. De ces investigations, il ressort que la grande partie des 300 îles, que compte la partie tchadienne du lac Tchad, est contrôlée par les communautés boudouma. Cette situation de quasi-monopole foncier a entraîné des conflits d’usage. Entre 2015 et 2018, la province du Lac a enregistré 25 conflits inter-communautaires liés à l’accès à la terre et aux autres ressources naturelles (poisson, pâturage). Ces conflits ont occasionné des pertes en vies humaines (38 morts), de nombreux blessés, des pertes de bétail et d’importants dégâts matériels, estimée à plus de 50 millions de francs CFA. La tendance vers l’amélioration de la situation, en vue d’une cohabitation pacifique, gage du développement harmonieux des activités agricoles, halieutiques et pastorales, passe par la révision du mode d’organisation et d’administration de l’accès au foncier et/ou ressources de ces communautés.
Mots-clés : Monopole foncier, accès au foncier/ressources naturelles, conflits inter-communautaires, Boudouma, communautés allochtones, lac Tchad.

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Extraction et commercialisation de l’or du Département de Mayo-Rey (Nord-Cameroun)

TCHINDA MANFO Achille Janvier(1), PETNGA NYAMEN Simon Pierre(2)

1) Doctorant, Département de Géographie, Université Ngaoundéré, Cameroun
2) Docteur en Géographie de l’Université de Ngaoundéré, Cameroun

Résumé. L’orpaillage, longtemps ignoré ou négligé par la paysannerie du Nord Cameroun fait depuis 2009 partie des activités clés du monde rural. Afin de comprendre le circuit de production et de commercialisation de l’or dans le Département du Mayo-Rey, nous avons adopté une démarche méthodologique hypothético-déductive basée sur les analyses documentaires, les observations directes de terrains et les enquêtes par questionnaires standards. Il en ressort que de 2000 à 2017, le nombre de carrières est passé de 0 à près de 70, celui des orpailleurs d’une centaine à près de 18 000. C’est un commerce qui obéit à un processus complexe dominé par les collecteurs illégaux qui font dans la contrebande. Le sectoriel en charge devra revoir les méthodes de contrôle, de collecte et de motivation des orpailleurs d’une part, et de ses agents d’autre part, dans l’optique de contrecarrer la tendance générale des orpailleurs à vendre leurs produits plutôt aux collecteurs illégaux, au détriment des éléments du CAPAM (Cadre d’Appui à l’Artisanat Minier).
Mots-clés : Orpaillage, collecteurs, carat, commercialisation, Mayo-Rey.

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Le volontariat de l’offre gratuite de l’eau dans deux villes moyennes du Tchad et du Cameroun : Sarh et Ngaoundéré

BÉTINBAYE Yamingué (1) & TCHOTSOUA Michel (2)
1) Docteur en géographie de l’Université de Ngaoundéré, Cameroun
2) Professeur Titulaire, Université de Ngaoundéré, Cameroun

Résumé. L’eau suscite des enjeux multiformes, aussi bien sociaux, économiques que sécuritaires, dans les sociétés contemporaines. Dans les espaces urbains des pays d’Afrique subsaharienne, en l’occurrence ceux d’Afrique centrale, cette ressource commune constitue l’un des enjeux majeurs de la gouvernance urbaine. À Sarh et à Ngaoundéré, deux villes moyennes situées respectivement au Tchad et au Cameroun, le service urbain de l’eau potable est principalement soumis à des modes de gestion publique et privée avec un leadership porté par l’État à travers des acteurs publics d’une part, et des acteurs privés agissant en partenariat avec les pouvoirs publics d’autre part. Néanmoins, ce modèle de gouvernance urbaine du service public de l’eau potable ne contribue pas à une desserte effective de l’ensemble de la société urbaine. Il importe, ainsi, d’examiner la gestion de proximité de l’eau potable à Sarh et à Ngaoundéré afin de contribuer à une planification urbaine de ces villes moyennes africaines qui s’appuie sur des solutions innovantes portées par les acteurs communautaires. La méthodologie est axée sur une démarche hypothético-déductive. Elle combine les approches qualitative et quantitative, avec comme outils les observations participantes, les entretiens informels et semi-structurés, la recherche documentaire, les levés de terrain au GPS et l’enquête de terrain. L’analyse de la situation entre 1997 et 2019, montre que le volontariat de l’offre gratuite de l’eau, porté par des mécènes et des nantis, inscrit dans une logique de gestion de proximité, est un facteur important de généralisation de l’accès à l’eau.
Mots-clés : Service urbain, eau, ville, société urbaine, Sarh, Ngaoundéré.

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Dynamique des types d’occupation du sol dans la périphérie Nord du parc national du Mbam et Djérem (Adamaoua-Cameroun)

MVU NJOYA Marie(1), DOURWE NDIKWE Maurice(2), TSALEFAC Maurice(3)
1) Doctorante, laboratoire de Climatologie et de Recherche Environnementale, Université de Dschang, département de Géographie
2) Doctorant, laboratoire de géomatique de l’Université de Ngaoundéré, département de Géographie
3) Professeur des Universités, laboratoire de Climatologie et de Recherche Environnementale, Université de Dschang, chef de département de Géographie

Résumé. Le paysage de la périphérie Nord du Parc National du Mbam et Djerem (PNMD) subit des pressions occasionnées par une démographie galopante en quête du mieux-être. Pour évaluer les effets des activités anthropiques sur l’occupation de cet espace, les auteurs ont adopté la méthode de l’analyse diachronique afin de mettre en évidence les différentes mutations en cours. Ainsi, à partir des données de télédétection (images satellitaires Landsat7 ETM+ et Landsat 8 OLI-TIRS de 30m de résolution spatiale et les points GPS des parcelles de vérification), nous avons évalué en 2000 et en 2016, l’évolution des types d’occupation du sol en nous attardant sur leurs éléments principaux à savoir d’une part, la végétation, le plan d’eau, éléments du milieu naturel, et d’autre part, les champs et le bâti, affectables aux faits anthropiques. Par la suite, les différents traitements numériques (les compositions colorées infrarouge et infrarouge de petite onde associées aux levés de points GPS, le calcul de l’indice de végétation normalisé (NDVI) et la classification supervisée par le maximum de vraisemblance) appliqués sur ces images Landsat ont débouché sur huit classes d’occupation du sol. Par ailleurs, les facteurs d’évolution de ces types d’occupation du sol ont été mis en exergue grâce à la revue documentaire, aux observations et quelques enquêtes de terrain effectuées entre mars et mai 2016. Il résulte de ces différentes analyses que de 2000 à 2016, les différents types d’occupation du sol ont connu d’une part, une évolution progressive des savanes herbeuses, des savanes arbustives, de la forêt claire, des champs et du bâti et, d’autre part, une évolution régressive des savanes arborées, des forêts galeries et du plan d’eau. Des différentes régressions observées, la plus importante est celle des savanes arborées dont la superficie a fortement diminué de 8,48% entre 2000 et 2016. Dans les différentes progressions examinées, en revanche, les savanes arbustives sont celles qui ont le plus augmenté en superficie (7,28%). Au total, les résultats montrent que l’hypothèse émise au début de cette étude est partiellement vérifiée, car tandis que les classes de forêt claire, de savanes arbustive et herbeuse croissent en superficie, d’autres régressent, notamment, les forêts galerie et la savane arborée, au profit des parcelles de culture créées et des constructions.
Mots-clés : Télédétection, dynamique, occupation du sol, périphérie, parc national.

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Analyse diachronique de l’occupation du sol entre 2007 et 2017 pour la restauration du paysage de la Forêt d’Enseignement et de Recherche de l’ENEF de Mbalmayo

BIKIE MINDANG Danièle Roseline(1)
1) Formateur, Ecole Nationale des Eaux et Forêts de Mbalmayo Cameroun

Résumé. L’Ecole Nationale des Eaux et Forêts de Mbalmayo dispose d’une Forêt d’Enseignement et de Recherche qui subit depuis, des années, des pressions anthropiques provenant des populations riveraines. Cependant, aucune donnée n’est disponible ni sur l’occupation du sol, ni sur son taux de dégradation. La présente étude a pour objectif de cartographier l’occupation du sol et de quantifier son évolution de 2007 à 2017, mais aussi de proposer un plan de restauration. Ainsi, plusieurs données (images Landsat et données issues de Google Earth Pro) ont été acquises et traitées. Les résultats des traitements ont été validés par des observations enquêtes menées sur le terrain. Par la suite, des cartes d’occupation du sol ont été élaborées à l’aide du logiciel ArcGis et un plan de restauration a été proposé. Les résultats ont permis de montrer que l’occupation du sol subit des changements. Le paysage, constitué en 2007 à 58,59% de forêts a été perturbé au profit de forêts dégradées (63,37%) et de bâtis (8,12%) en 2017. Le plan de restauration du paysage proposé prévoit des parcelles de reboisement avec des espèces végétales (bambous de chine, rotin), des essences forestières, mais aussi l’agroforesterie.
Mots-clés : Géomatique, Télédétection, Occupation du sol, Mbalmayo, Restauration du paysage.

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